Yawara Riki, Sasurai Jutsu

17 août 2017

Le défaut du Judoka

     Chaque art martial peut avoir ses avantages et ses inconvénients, surtout s’il est pratiqué de manière sportive. En effet, pratiqué de cette façon, la forme compétitive nous bloque dans notre évolution. Mais le plus inquiétant est, qu’une fois les habitudes prisent, il est très difficile de s’en défaire lorsque l’on souhaite changer l’optique de notre pratique.

     Pour le Judoka le défaut majeur est le regard. Normalement, en Kakuto Bugei, le regard doit être celui de « la montagne lointaine ». Hors, en Judo, les pratiquants ont la (très) mauvaise habitude de fixer leur regard sur les hanches ou les pieds de l’adversaire afin d’anticiper ses actions. Si cette attitude est utile (?) dans le cadre sportif, elle est relativement néfaste non seulement lors d’une confrontation réelle, mais surtout pour notre évolution martial (j’ai moi-même eu beaucoup de mal à m’en défaire). Le fait de regarder le bas du corps de l’adversaire nous empêche non seulement de voir ce qui se passe autour de nous (effet tunnel), mais nous donne aussi une mauvaise position du corps qui nous empêche de ressentir ce qui se passe lors du combat et d’agir souplement. Même les déplacements sont moins rapide…

     Pour se défaire de cette habitude il est nécessaire de rester concentrer sur ce détail durant tous les exercices et les Randori. Mais les habitudes sont tenaces, aussi il ne faut pas hésiter à travailler les yeux fermés afin d’augmenter notre sensibilité et « débrancher » notre regard de l’adversaire. Travailler d’abord en Yaku Soku Geiko, car les chutes seront nombreuses, mais cela en vaut la peine, la liberté de mouvement est au bout…

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28 juillet 2017

Combattre dans l'eau

     En cette saison, où l’on passe du temps dans l’eau, il est agréable de travailler tout en se rafraîchissant. Il est ainsi intéressant de s’entraîner au combat avec de l’eau jusqu’aux genoux, jusqu’aux hanches et jusqu’à la poitrine afin de se rendre compte des difficultés, notamment liées aux déplacements, dans ce type de combat. C’est dans ce milieu que l’on se rend compte de l’importance de l’action des hanches dans les mouvements du corps. De même le haut et le bas du corps auront une vitesse d’action différente, les Atemi seront plus lent et moins efficace sous l’eau…

     Dans un combat sous l’eau on privilégie donc les clés articulaires à action directe (l’esquive étant plus facile) permettant de « noyer » l’adversaire. En effet, l’un des « petit » secrets du combat sous l’eau est qu’une certaine position de la tête permet de noyer instantanément son adversaire, sans que celui-ci puisse l’empêcher.

     De même, un autre exercice pour améliorer ses Atemi de la main, consiste à frapper la surface de l’eau avec la paume de la main en faisant « claquer » la frappe au moment de l’impact, comme si l’on repoussait l’eau lors du contact. Cet exercice, aussi simple soit-il, est très utile pour apprendre la contraction au moment de l’impact ainsi que l’effet rebond.

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17 juillet 2017

Sasurai Jutsu

     On m’a souvent demandé comment s’exprime ma technique. Car si le terme Yawara Riki, qui représente un principe de combat, est omniprésent, il n’exprime pas la forme technique (comme certaines écoles qui sont spécialisés en Koshi Jutsu, Jutai Jutsu, Ken Jutsu…). Aussi pour parler de celle-ci, et lui donner un nom, j’ai choisi le terme de Sasurai (vagabond, errant).

     Je suis arrivé à ce nom pour plusieurs raisons : Tout d’abord je n’ai pas de Dojo attitré, j’enseigne où le vent me porte pour partager mon expérience et orienter les pratiques. Ensuite mon école n’a pas de technique spécifique, elle passe d’un Atemi à un Kansetsu Waza, ou un Nage Waza, dans le même mouvement. C'est-à-dire qu’à l’instant où je viens frapper une épaule avec la paume de ma main, celle-ci, par exemple, saisie immédiatement l’adversaire pour enchaîner une technique de corps à corps. Il en est de même avec une arme, que ce soit moi qui la porte où mon adversaire. Enfin les techniques ne sont pas stéréotypées, elles s’adaptent en permanence à la situation et à l’adversaire. Elles sont libre comme le vent mais allant de la simple bise à la terrible tornade…

     J’aime à dire que la technique utilisé en Yawara Riki vagabonde d’une forme à une autre, s’adaptant au changement permanant de ce qu’il l’entoure. Mais elle ne s’arrête ni ne se limite jamais, sachant être douce comme pouvant être définitive si la situation l’exige. De même, comme le vagabond qui ne porte sur lui que le stricte nécessaire, la technique est dépouillée de ses fioritures et de ses gestes inutiles, qui l’embellisse, mais qui la ralentisse. Elle est simple, courte, et parfois sauvage. Ainsi elle peut s’exprimer librement, sans contrainte, mais aussi avec un parfait contrôle…

     Yawara Riki Sasurai Jutsu, la souplesse dans la force de la technique vagabonde.

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15 juillet 2017

Varier les partenaires

     Dans le cadre d’auto-défense, ou de combat, il est utile de varier le type de partenaire afin de comprendre le principe « d’adaptation de la technique ». En effet, suivant la personne que l’on a en face de soi, la technique sera appliquée différemment. Ce souci de varier les partenaires est essentiel afin de pouvoir faire face, et apprendre à réagir, à n’importe quel adversaire.

     Actuellement on voit de plus en plus de cours d’auto-défense réservé aux femmes. Or si l’intention de départ est louable, il est néfaste au but recherché initialement, voir même contre productif… Une fois la forme de base acquise il est important d’être mis dans une situation proche de la réalité afin de prendre conscience des difficultés à appliquer celle-ci ; et ce type de cours ne le permet pas… Il donne juste l’illusion de pouvoir. La force, le gabarit et la gestuelle masculine est différente de celle des femmes, tout comme leur masse de gravité : c'est-à-dire qu’un homme a souvent une masse plus importante au niveau du haut du buste alors que ça sera généralement les hanches pour une femme (il est toujours plus délicat de faire un Te Waza à une femme qu’à un homme..).

     Mais le fait de varier les partenaires nous oblige aussi à rechercher une solution lorsque la forme de base échoue, ce qui nous fait évoluer martialement et mentalement, tout en acquérant les principes techniques comme les projections et les clés articulaire.

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21 juin 2017

Sortir des sentiers battus

     Il existe deux manières d’évoluer (dans le sens des grades) dans les arts martiaux :

-  Soit l’on suit corps et âme l’enseignement de sa discipline, aves les impératifs que cela implique (passé un certain niveau cela devient même plus souvent une question de politique que de capacité), pour avoir un grade reconnu du public.

-  Soit l’on prend les chemins de traverse, avec ce que cela implique pour progresser différemment, souvent plus vite, voir plus loin… mais aussi sans la reconnaissance des autres.

     Chacun doit chercher sa priorité et trouver sa Voie. Mais sortir des sentiers battus implique un travail plus intense, plus personnel et plus dur. C’est une Voie à suivre seul qui, par contre, sera plus productrice que la Voie « classique », où chaque entraînement vous apportera quelque chose. C’est aussi une Voie de remise en question où l’égo doit s’effacer, de recherche, d’expérimentation et parfois de solitude où il ne faut jamais perdre de vue ses objectifs. C’est la Voie du Rônin, du vagabond, mais d’où l’on ressort plus fort si l’on va jusqu’au bout de celle-ci…

     « Dans toute poursuite acharné la chasse compte plus que l’objectif visé ».

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16 juin 2017

Pratiques Energétique

     Lorsque l’on cherche à progresser en arts martiaux, quelque soit sa discipline, à un moment donné se pose la question de l’énergie (Ki en japonais ou Chi en Chinois) et de son utilisation au combat.

     On peut être septique quand à celle-ci mais le Ki demeure une phase essentiel dans notre évolution martiale. Le problème est aussi que beaucoup de personne en parle sans vraiment la connaître ou la ressentir. Il ne suffit pas de dire, par exemple, qu’il faut concentrer celle-ci dans notre poing au moment de l’impact, ou dans le Hara, pour être plus puissant, si l’on est incapable de comprendre ou de ressentir cette énergie.

     La première étape est donc de la ressentir afin de se rendre compte de son existence. Ensuite il faut apprendre à la faire « circuler » dans notre corps, en sachant que « l’énergie suit la pensée », afin d’ouvrir les canaux ou d’en créer de nouveaux. Enfin il faut s’entraîner à la concentrer dans n’importe qu’elle partie du corps pour pouvoir ensuite l’utiliser au combat (ou faciliter la récupération…).

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05 avril 2017

Concentrer sa force

     La faculté de savoir concentrer sa force, ou plutôt son énergie, dans un endroit du corps est un atout précieux en combat. Notamment lorsque l'on doit appliquer une clé articulaire (Kansetsu Waza) sur une personne plus musclé que nous. En effet dans les arts de défense moderne on travaille sur des partenaires qui accepte la torsion articulaire, car il s'agit avant tout d'un travail d'apprentissage, mais dès que l'on met de la résistance la technique a beaucoup de mal à être effectuée et appliquée efficacement. Souvent l'on met beaucoup de force pour faire celle-ci, et de se fait on se met soit même en danger en modifiant notre position de corps.

     Une des solutions est de concentrer sa force (puissance, énergie... comme vous voulez) dans la partie du corps qui en a besoin. Dans le cadre d'une torsion du poignet (Kote Gaeshi, Kote Mawashi...) on doit concentrer notre force dans nos mains, doigts et poignets mais sans se "crisper" ni tétaniser les mains. Maître Kano enseignait qu'il était plus important d'apprendre à concentrer sa force dans les mains plutôt que d'avoir une musculature importante. En fait, la concentration de force se fait progressivement et en spirale afin de développer plus de puissance et de pouvoir appliquer une clé articulaire. C'est ce même principe que l'on utilise pour échapper à un Kansetsu Waza et dans l'exercice du bras incassable.

     Un exercice qui permet de comprendre ce principe, tout en s'y entraînant, est issu du style du Tigre de Kung Fu : Mains ouvertes devant soit, doigts vers le ciel. Contracter progressivement les doigts jusqu'à ce que les poings soient fermés. Pendant ce temps de contraction, les mains effectuent un arc de cercle vers le bas pour finir au niveau du Hara, paume vers le ciel. C'est ce mouvement de contraction en cercle qu'il faut appliquer pour une clé de poignet efficace.

     Ensuite, avec de la pratique, il est possible d'utiliser ce principe aussi bien que pour les clés de coude, d'épaule... mais aussi pour les projections et... les Atemi de la main vrillé (notamment pour le Oni Ken).

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05 janvier 2017

L'utilité des Ukemi

     Un Ukemi, ou brise-chute, est vu comme la manière de se recevoir au sol sans se faire mal. On peut ainsi être projeté par son partenaire pour l’aider à travailler sa technique. A la base c’est la première utilité de ceux-ci, notamment dans la forme moderne des arts martiaux. Ainsi on apprend à se recevoir sur le côté du corps, en protégeant sa tête, tout en frappant avec le bras sur le Tatami pour répartir l’onde de choc. Cette forme reste très utile dans l’apprentissage des différents arts martiaux. On peut dire qu’il s’agit là de la forme Omote des Ukemi. Mais comme toute technique il existe une forme Ura…

     En effet, même si l’on considère, à tort, qu’une chute correspond à perdre la vie dans un combat (l’inconvénient des arts martiaux à vocation sportif), celle-ci peut présenter un avantage en combat. Mais avant tout il faut savoir comment projeter son adversaire efficacement pour éviter que celui-ci ne se relève :

  • Soit on le projette bien sur le dos en « séchant » la projection pour couper le souffle.
  • Soit on le projette sur le ventre : car dans ce cas l’adversaire est sans défense face à nous en nous offrant une multitude de points vitaux (toute la zone vertébrale…) accessible facilement.
  • Soit on le projette sur les cervicales pour une techniques définitive.

     Les projections que l’on a par exemple dans le Judo moderne sont à proscrire car elles permettent à l’adversaire de contre-attaquer facilement, celui-ci restant en pleine possession de ses moyens.

     Pour ce qui est de la forme Ura des Ukemi,  elle est celle qui devance la technique adverse afin de permettre de nous « échapper » et/ou contre attaquer. Ainsi, sur une perte d’équilibre je peux partir en Sutemi Waza ; face à une projection je peux m’enrouler autour de l’adversaire pour le contrer ; face à une clé articulaire je peux partir en roulade avant afin de relâcher la pression sur mon articulation puis effectuer une contre-attaque (couvent faite dans le même temps). Par contre, dans l’ensemble de ces situations, les Ukemi sont effectués sans frappe du bras au sol…

     Enfin, le fait de ne plus avoir d’appréhension face aux chutes permet de nous libérer techniquement et de mettre en pratique de nouvelles techniques…

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21 décembre 2016

L'enseignement du Ninja et du Samouraï

     Guerriers typique du Japon, les Ninja et les Samouraï sont la représentation même de ceux-ci. L'un était un guerrier de la nuit et ne cherchait ni gloire ni honneur, alors que l'autre agissait au grand jour afin d'asseoir sa renommé et son prestige. Comme le jour et la nuit que sont ces guerriers, leur formation aussi était différente.

     Un Samouraï suivait les techniques typiques de son école, en recherchant un geste parfait pour une efficacité redoutable en duel, avec une déontologie qui était propre à leur classe guerrière. Chaque technique était soigneusement étudiée et répété, inlassablement, dans le respect de la tradition. La technique devait être parfaite, s'il voulait progresser, et conforme à la tradition. C'était donc le corps et le guerrier qui devait s'adapter à la technique qui lui était enseigné.

     Un Ninja aussi recherchait l'efficacité en combat, mais sans un code dictant sa façon de faire il employait tous les moyens mis à sa disposition pour gagner. De même, au cours de sa formation, un Ninja recevait un enseignement renfermant les principes techniques plus qu'une technique particulière. Ce qui lui permettait alors d'adapter la technique à son corps et à ses capacités. N'étant pas obligé de se conformer à une forme de corps particulière, chacun progressait à sa façon avec un style de combat propre.

      Chacune de ses formations à ses avantages et ses inconvénients mais l'une offre plus de possibilité que l'autre... Aujourd'hui les écoles d'arts martiaux et de sports de combat sont à l'image de la formation des Samouraï, ce qui permet ainsi de contrôler l'évolution de chaque pratiquant et de faire en sorte qu'ils soient "conforme" à l'école. Mais ce genre de pratique enferme le praticien dans une forme et un style particulier, l'empêchant de trouver une liberté de mouvement complète. Il existe une multitude de possibilité pour effectuer une même technique, à chacun de trouver la sienne (tant qu'elle est efficace) sans se soucier du fait qu'il faut avoir la main là ou le pied ici uniquement parce que c'est la forme enseigné dans l'école. Ensuite tout dépend ce que vous recherchez : montez en grade dans votre école pour être au sommet et reconnu de tous (à l'image du Samouraï), ou être simplement efficace en combat quelque soit la situation en laissant votre ego de côté (à l'image du Ninja)...

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25 novembre 2016

nouveaux ouvrages

      Si je n'était pas très actif sur mon blog c'est dernier temps c'est avant tout que j'avais de nouveaux ouvrages en préparation qui ont enfin aboutit. Il S'agit de livres, technique bien-sûr, sur :

- le Shuriken Jutsu et les techniques de lancé. Un complément indispensable à toute pratique martiale, car n'importe qu'elle objet peut-être lancé pour détourner l'attention de l'adversaire et ainsi nous faire gagner un temps.

- la Naginata Jutsu, la hallebarde japonaise. Une arme que l'on dit désuète dans notre société actuelle mais qui a toute son importance dans le travail des distances de combat.

- l'art de la main, regroupe les différentes méthodes de frappe avec la main. Il ne s'agit ici d'apprendre à frapper mais comment frapper et avec quoi. Une partie est aussi consacré au durcissement de la main (méthode chinoise et japonaise) et à son entraînement.

- le Ken Jutsu, l'art du sabre. Dans celui-ci je n'aborde pas l'histoire du sabre japonais, sa trempe... car il existe déjà d'excellent ouvrages sur ce sujet, mais les méthodes de coupe, de dégainer, certaine forme de combat... L'avantage majeur de ce livre est que j'aborde non seulement les formes Omote (sabre tenue normalement, dans le prolongement du bras) mais aussi les formes Ura (sabre tenue en revers, à la manière des Ninja), car c'est deux formes se complètent parfaitement pour qui sait aller derrière les apparence, comme le Yin et le Yang.

- le Fujin Ki, l'énergie du bien-être et de la santé. Pour le praticien en art traditionnel ce livre permet de prendre conscience de son énergie interne, de la faire circuler dans son corps et de la développer (tout en le maintenant en bonne santé...). Ce qui permet ensuite de l'utiliser en combat pour contrer les techniques adverse (comme le bras incassable) ou lui occasionner plus de dégât (Dim Mak).

     L'ensemble de ces ouvrages sont liés par les principes du Yawara Riki et de la forme de corps. Ainsi, vous vous apercevrez que l'attitude est identique quelque soit l'arme que vous étudiez. Ce qui permet de progresser dans tout les domaines à la fois, sans se sentir limité...

 

http://www.thebookedition.com/fr/recherche?controller=search&orderby=position&orderway=desc&search_query=blanchetete

 

 

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