Yawara Riki, Sasurai Jutsu

30 septembre 2017

L'esprit de la technique

     Quand on parle « d’esprit de la technique » il faut comprendre l’intention qu’on lui donne, notamment à l’entraînement. En effet, après avoir appris celle-ci, il est nécessaire de lui donner un sens, c’est-à-dire ce pourquoi elle est faite.

     Ainsi, lorsque je m’entraine à faire un Oni Ken sur un Kyusho, c’est dans le but d’obtenir tel ou tel effet. Aussi mon coup doit être porté dans cet objectif.

     Pour cela je dois être mentalement et physiquement dans la situation dans laquelle je devrai utiliser ce coup, et arrêter celui-ci juste avant l’impact sur mon partenaire (Sun Dome). Une défense n’est pas un geste amicale, elle doit être sincère, même à l’entrainement, sinon elle devient un geste vide de sens qui n’aura jamais l’effet escompté en situation réelle, surtout avec le stress en plus…

     « Si vous vous entrainez sans être dans l’état d’esprit d’un combattant en situation réelle vous ne progresserez jamais » Bruce Lee, Tao du Jeet Kune Do

 

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27 septembre 2017

Faire face à plusieurs adversaires

     Une réflexion importante, et un travail conséquent, doit être accordé à ce domaine ; surtout dans notre société moderne où les agressions se font en groupe, avec arme, et sont de plus en plus violente et imprévisible. A partir de ce moment là il faut apprendre à agir, et réagir, aux mieux afin de se préserver. Pour cela il ne faut pas hésiter à envisager la fuite comme solution, s’en se préoccuper de notre orgueil, car un mauvais coup est vite arrivé. Mais ce type d’agression sont le plus souvent fait par surprise et sont donc inévitable, alors il convient de réagir au mieux :

- Si possible se mettre dos à un obstacle afin qu’aucun des assaillants ne puisse attaquer par l’arrière. Utiliser ce qui nous entoure pour inhiber les attaques (stratégie de combat).

- Ne pas se focaliser sur un individu, le regard balaye l’ensemble de la scène sans s’arrêter, attention à la vision tunnel !

- Privilégier les coups circulaires pour maintenir hors de porté les assaillants.

- Toujours être en mouvement tout en restant ancré dans le sol.

- Riposter sur celui qui est le plus près sans s’arrêter à celui-ci, le regard change dès que la défense est entamé afin d’être près pour le prochain adversaire.

- Il ne faut pas appuyer les coups, ceux-ci doivent être rapides afin de changer immédiatement de cible.

- Si on utilise une projection, celle-ci devra être courte et l’adversaire devra être projeté en direction des autres assaillants afin de ralentir leur progression.

- Adopter le bon état d’esprit, les défenses devront être ferme jusqu’à ce que l’on soit en sécurité ou que la situation soit désamorcé. Il faut malgré tout respecter le cadre légal qui n’est jamais à l’avantage de celui qui se défend, surtout si celui-ci pratique les arts martiaux…

      « Dans un combat pour la vie il n’y a pas de place pour une hésitation ou un effort mené à moitié : les décision prises doivent être appliquées avec une totale résolution. » Tengu Ryu

 

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24 septembre 2017

"Glisser" sous l'adverdsaire

     Il est des projections que l’on ne peut pas esquiver, contrer, retourner à notre avantage, car la position de l’attaquant fait que celui-ci se retrouve sous nous, en dehors de notre zone d’esquive, en bloquant notre liberté d’action.

     En règle générale on applique une projection lors du déplacement de l’adversaire, en allant dans l’une des huit directions de déséquilibre (Happo no Kuzushi). Mais, à partir d’un certain niveau, il faut passer au travail en trois dimensions, dans les dix directions de déséquilibre (Juppo no Kuzushi). Ici nous allons nous intéresser à celle qui est vers le bas. L’objectif est alors de placer nos hanches sous celle de l’adversaire, afin d’inhiber ses réactions, tout en restant dans un mouvement circulaire afin que celui-ci ne s’écrase pas sur nous.

     Bien qu’il ne soit pas facile d’expliquer ce principe textuellement, voici malgré tout les principes d’applications :

- Placer nos hanches sous celles de l’adversaire.

- Utiliser un mouvement circulaire descendant (en spirale), comme pour « aspirer » l’adversaire et ainsi utiliser moins de force.

- Mettre notre point de force dans le ventre et dans les hanches.

- « Coller » l’adversaire et garder des points de contact en permanence, jusqu’au Kake.

- Il s’agit souvent de technique proche des Sutemi Waza ou des Makikomi Waza.

     Donc, au moment où je positionne mon pied d’appui, j’agis comme si mon genou n’avait plus de force, afin de m’affaisser directement, tout en plaçant mes hanches sous celle de l’adversaire. J’utilise ensuite un mouvement en spirale (dans un plan verticale, horizontale… il n’y a aucune contrainte ni obligation : liberté de mouvement) afin de projeter mon adversaire. Par contre, à partir du moment où mes hanches son sous celle d’Uke, je ne dois pas soulever celui-ci, car alors nous sortons du cadre de cette technique et nous nous retrouvons dans une action plus en force qui est difficile à appliquer sur un adversaire plus lourd…

     Comme je le disais c’est un principe difficile à expliquer comme ça. Donc prenons un exemple un peut plus concret :

- Uke et Tori se saisissent en garde à droite.

- Uke effectue une traction de son bras droit, tout en reculant son pied droit, afin de faire avancer le pied gauche de Tori.

- Tori devance le déplacement d’Uke en plaçant son pied droit entre ceux d’Uke et, au moment où Tori prend appui dessus, il fléchi sa jambe droite tout en lançant ses hanches sous celle d’Uke.

- En même temps, Tori place sa plante de pied gauche contre la cheville droite d’Uke pour effectuer une action de balayage. Toujours en même temps les bras effectuent une action circulaire en direction du côté droit d’Uke.

- Mais il ne s’agit pas ici d’un simple balayage, le pied de Tori va coller à la cheville d’Uke pour amener celle-ci vers son arrière gauche, le tout dans une action circulaire qui, combiner à l’action des bras projetteras Uke au sol avec Tori.

     Testez cette forme de projection et si, comme je le redoute, je n'ai pas été assez claire n'hésitez pas à revenir vers moi...

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20 septembre 2017

Tokui Waza

     On a tous des techniques préféré, que l’on « sent » bien et que l’on aime appliquer car elles passent souvent et qu’elles nous font gagner. Jusqu’au jour où celles-ci deviennent inefficace car nos partenaires/adversaires savent à quoi s’attendre.

     En fait, un Tokui Waza doit rester une technique « secrète », il ne faut jamais l’utiliser en combat pendant les entraînements, ni la démontrer. C’est une (ou des) technique propre à chacun que l’on est capable d’utiliser n’importe quand si la situation l’exige. Aussi elle doit rester un élément de surprise.

     On peut (même on doit afin de la parfaire) la travailler en entraînement mais en la cachant parmi d’autres techniques. Ainsi, en Uchi Komi, je fais d’abord une technique A, puis une B, ensuite mon Tokui Waza, et enfin une C… De même, en Randori, où on essaye de l’appliquer de façon plus réaliste, le principe est identique : je ne fais jamais la même technique aveuglement, au contraire, grâce à une grande variété technique j’amène mon Tokui Waza. Et, que celle-ci fonctionne ou pas, je passe à une nouvelle projection.

     Un Tokui Waza se travail principalement en solitaire, contre l’ombre et en « visualisation » afin de la parfaire et de la rendre explosive (notion de Hakei). Pour une projection ça peut-être contre un arbre ou un poteau, pour un Atemi face à un Makiwara…

     Par contre il ne faut pas se contenter d’un seul Tokui Waza, il faut envisager plusieurs aspects dans une défense, et dans les différentes directions, face à plusieurs adversaires… Mais sachez rester simple, car de la simplicité découle l’efficacité.

     Enfin un dernier conseil avec un Tokui Waza, n’expliquez, ni enseignez, jamais celle-ci, sinon vous la perdrez et vous mettrez du temps à la retrouver. Cela m’est déjà arrivé deux fois…

 

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16 septembre 2017

Lecture

     Il est des livres qui sont incontournable dans la bibliothèque d’un pratiquant d’arts martiaux, et le dernier livre de Shihan Roland Habersetzer en est un. « Fondamentalement martiale » n’est pas un livre technique, mais un ouvrage qui constate non seulement l’évolution des arts martiaux, mais surtout qui nous pousse à réfléchir et à adopter une position par rapport à ce que l’on veut vraiment. Et à en assumer ses choix : une recherche et une évolution interne, loin des podiums, mais pour une efficacité martiale qui ne devrait jamais servir.

« La non-violence suppose avant tout que l’homme soit capable de se défendre » Gandhi

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13 septembre 2017

Visualisation, oui mais !

     La visualisation est une technique qui permet de nous améliorer techniquement, sans avoir besoin de partenaire. Ce processus, largement utilisé dans le sport de haut niveau, est généralement connu des pratiquants d’arts martiaux mais trop souvent inappliqué… Pourtant la visualisation permet de progresser et de permettre au corps de « mémoriser » l’exécution technique. De plus, elle peut être pratiqué n’importe où et n’importe quand : dans les transports en commun, le soir avant de s’endormir… Même si, toutefois, il est idéale d’adopter la posture Fudozen ou Zazen.

Mais une visualisation ne se fait pas n’importe comment :

- Il faut tout d’abord se mettre dans l’état d’esprit adéquat, c’est pour cela qu’adopter une bonne posture est nécessaire.

- Il faut toujours qu’elle soit positive, pas de défaite, de « raté »…

- Il faut ressentir mentalement et physiquement la technique, comme si on l’appliquait réellement.

- Il faut avoir conscience de ses propres limites. Pas de Yoko Geri au visage si je ne suis pas capable de lever la jambe aussi haute en vrai.

- On peut affronter ses peurs et ses craintes (mais toujours dans le positif).

- Il faut être réaliste et avoir déjà expérimenter un minimum la technique.

     Le but étant d’apprendre la technique au corps, on commence celle-ci TRES lentement en passant en revue chaque mouvement, chaque placement et chaque point important.

     Une visualisation se vie intérieurement mais aussi en ressentant musculairement le mouvement. Elle est aussi très utile pour les enchainements très rapides, comme en Kyusho Jutsu, où l’on enchaine les frappes en une fraction de seconde.

     La visualisation est une technique de travail très ancienne et qui, mélangé à la pratique du Zen, nous as donné aujourd’hui la sophrologie…

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20 août 2017

Attaque ou Défense ?

     L’un des préceptes de la main vide nous dit : « Il n’y a pas d’attaque en Karate ». Cette vérité devrait aussi se vérifier dans la Voie de la souplesse où l’on doit utiliser le mouvement adverse pour la projection. En effet, lorsque l’adversaire entame un mouvement il fait bouger (volontairement ou non) son corps et son centre de gravité, ce qui induit alors un déséquilibre du corps du fait de ce mouvement. Il ne me reste donc juste à amplifier ce déséquilibre (en allant dans le même sens) afin de projeter celui-ci.

     Ensuite, lorsque l’on maîtrise les principes du « bras de levier » et « d’axe de rotation », il est possible d’aller en contre sens de l’action adverse (mais jamais en force) pour une projection plus puissante ou pour anticiper le mouvement adverse. Prenons l’exemple d’un Atemi du poing, direct, au visage. Idéalement j’utilise le bras qui attaque pour effectuer un Seoi Nage ou un Koshi Waza en rentrant dans sa garde. Si j’esquive vers l’extérieur je peux effectuer De Ashi Barai… Par contre, si je devance son attaque, je peux le projeter vers l’arrière avec la forme ancienne d’Ippon Seoi Nage ou O Goshi…

     Malheureusement la forme moderne du Judo, du fait de la compétition, ne nous permet pas d’appendre ce principe de « non attaque », car nous somme alors sanctionner par l’arbitre. Il faut du spectacle, et deux combattants qui attendent tous deux une faute de l’autre  n’offriraient pas un bon spectacle face à un public qui demande toujours plus !!! Mais pour qui veut suivre la Voie du Judo Traditionnel la première règle est simple : « Il n’y a pas d’attaque en Judo ».

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17 août 2017

Le défaut du Judoka

     Chaque art martial peut avoir ses avantages et ses inconvénients, surtout s’il est pratiqué de manière sportive. En effet, pratiqué de cette façon, la forme compétitive nous bloque dans notre évolution. Mais le plus inquiétant est, qu’une fois les habitudes prisent, il est très difficile de s’en défaire lorsque l’on souhaite changer l’optique de notre pratique.

     Pour le Judoka le défaut majeur est le regard. Normalement, en Kakuto Bugei, le regard doit être celui de « la montagne lointaine ». Hors, en Judo, les pratiquants ont la (très) mauvaise habitude de fixer leur regard sur les hanches ou les pieds de l’adversaire afin d’anticiper ses actions. Si cette attitude est utile (?) dans le cadre sportif, elle est relativement néfaste non seulement lors d’une confrontation réelle, mais surtout pour notre évolution martial (j’ai moi-même eu beaucoup de mal à m’en défaire). Le fait de regarder le bas du corps de l’adversaire nous empêche non seulement de voir ce qui se passe autour de nous (effet tunnel), mais nous donne aussi une mauvaise position du corps qui nous empêche de ressentir ce qui se passe lors du combat et d’agir souplement. Même les déplacements sont moins rapide…

     Pour se défaire de cette habitude il est nécessaire de rester concentrer sur ce détail durant tous les exercices et les Randori. Mais les habitudes sont tenaces, aussi il ne faut pas hésiter à travailler les yeux fermés afin d’augmenter notre sensibilité et « débrancher » notre regard de l’adversaire. Travailler d’abord en Yaku Soku Geiko, car les chutes seront nombreuses, mais cela en vaut la peine, la liberté de mouvement est au bout…

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28 juillet 2017

Combattre dans l'eau

     En cette saison, où l’on passe du temps dans l’eau, il est agréable de travailler tout en se rafraîchissant. Il est ainsi intéressant de s’entraîner au combat avec de l’eau jusqu’aux genoux, jusqu’aux hanches et jusqu’à la poitrine afin de se rendre compte des difficultés, notamment liées aux déplacements, dans ce type de combat. C’est dans ce milieu que l’on se rend compte de l’importance de l’action des hanches dans les mouvements du corps. De même le haut et le bas du corps auront une vitesse d’action différente, les Atemi seront plus lent et moins efficace sous l’eau…

     Dans un combat sous l’eau on privilégie donc les clés articulaires à action directe (l’esquive étant plus facile) permettant de « noyer » l’adversaire. En effet, l’un des « petit » secrets du combat sous l’eau est qu’une certaine position de la tête permet de noyer instantanément son adversaire, sans que celui-ci puisse l’empêcher.

     De même, un autre exercice pour améliorer ses Atemi de la main, consiste à frapper la surface de l’eau avec la paume de la main en faisant « claquer » la frappe au moment de l’impact, comme si l’on repoussait l’eau lors du contact. Cet exercice, aussi simple soit-il, est très utile pour apprendre la contraction au moment de l’impact ainsi que l’effet rebond.

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17 juillet 2017

Sasurai Jutsu

     On m’a souvent demandé comment s’exprime ma technique. Car si le terme Yawara Riki, qui représente un principe de combat, est omniprésent, il n’exprime pas la forme technique (comme certaines écoles qui sont spécialisés en Koshi Jutsu, Jutai Jutsu, Ken Jutsu…). Aussi pour parler de celle-ci, et lui donner un nom, j’ai choisi le terme de Sasurai (vagabond, errant).

     Je suis arrivé à ce nom pour plusieurs raisons : Tout d’abord je n’ai pas de Dojo attitré, j’enseigne où le vent me porte pour partager mon expérience et orienter les pratiques. Ensuite mon école n’a pas de technique spécifique, elle passe d’un Atemi à un Kansetsu Waza, ou un Nage Waza, dans le même mouvement. C'est-à-dire qu’à l’instant où je viens frapper une épaule avec la paume de ma main, celle-ci, par exemple, saisie immédiatement l’adversaire pour enchaîner une technique de corps à corps. Il en est de même avec une arme, que ce soit moi qui la porte où mon adversaire. Enfin les techniques ne sont pas stéréotypées, elles s’adaptent en permanence à la situation et à l’adversaire. Elles sont libre comme le vent mais allant de la simple bise à la terrible tornade…

     J’aime à dire que la technique utilisé en Yawara Riki vagabonde d’une forme à une autre, s’adaptant au changement permanant de ce qu’il l’entoure. Mais elle ne s’arrête ni ne se limite jamais, sachant être douce comme pouvant être définitive si la situation l’exige. De même, comme le vagabond qui ne porte sur lui que le stricte nécessaire, la technique est dépouillée de ses fioritures et de ses gestes inutiles, qui l’embellisse, mais qui la ralentisse. Elle est simple, courte, et parfois sauvage. Ainsi elle peut s’exprimer librement, sans contrainte, mais aussi avec un parfait contrôle…

     Yawara Riki Sasurai Jutsu, la souplesse dans la force de la technique vagabonde.

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