Chaque art martial peut avoir ses avantages et ses inconvénients, surtout s’il est pratiqué de manière sportive. En effet, pratiqué de cette façon, la forme compétitive nous bloque dans notre évolution. Mais le plus inquiétant est, qu’une fois les habitudes prisent, il est très difficile de s’en défaire lorsque l’on souhaite changer l’optique de notre pratique.

     Pour le Judoka le défaut majeur est le regard. Normalement, en Kakuto Bugei, le regard doit être celui de « la montagne lointaine ». Hors, en Judo, les pratiquants ont la (très) mauvaise habitude de fixer leur regard sur les hanches ou les pieds de l’adversaire afin d’anticiper ses actions. Si cette attitude est utile (?) dans le cadre sportif, elle est relativement néfaste non seulement lors d’une confrontation réelle, mais surtout pour notre évolution martial (j’ai moi-même eu beaucoup de mal à m’en défaire). Le fait de regarder le bas du corps de l’adversaire nous empêche non seulement de voir ce qui se passe autour de nous (effet tunnel), mais nous donne aussi une mauvaise position du corps qui nous empêche de ressentir ce qui se passe lors du combat et d’agir souplement. Même les déplacements sont moins rapide…

     Pour se défaire de cette habitude il est nécessaire de rester concentrer sur ce détail durant tous les exercices et les Randori. Mais les habitudes sont tenaces, aussi il ne faut pas hésiter à travailler les yeux fermés afin d’augmenter notre sensibilité et « débrancher » notre regard de l’adversaire. Travailler d’abord en Yaku Soku Geiko, car les chutes seront nombreuses, mais cela en vaut la peine, la liberté de mouvement est au bout…