A une époque où l’on voit de plus en plus de style d’arts martiaux et de sport de combat différents, où chacun se dit d’avoir le style le plus efficace, où l’on confond démonstration, compétition et vie réelle, où l’on mélange différentes pratiques sans savoir où cela nous mène, où l’on vise le nombre de pratiquant plutôt qu’une formation de qualité, où l’on nous fait prendre des « vessies pour des lanternes »… Où l’on est perdu parmi tout ce choix ne sachant plus à quelle vérité se voué ! Où l’on ne sait plus ce qui est efficace ou non, ni comment pratiquer, où l’on n’a plus confiance dans ce qui nous est enseigné, on peut se demander comment pratiquer notre art ?

     Au-delà de tous les principes moraux véhiculé par le Do, les règles de compétitions ou de style, il faut parfois savoir revenir simplement à la base du travail, ce que j'appelle : « s’entretenir avec le Makiwara ».

     Seul, face à lui, en position naturel, on frappe comme si notre vie en dépendait, sans mouvement préparatoire, avec l’esprit d’effectuer un Hikken Hissatsu. Au-delà d’un travail de durcissement on forme à la fois la main, la technique, le corps et le mental. Après chaque frappe on reprend la posture initiale et l’on recommence… Inutile de faire des centaines de frappes au risque de se blesser, mais juste des frappes juste et puissante afin d’avoir la sensation d’un impact réel.

     Mais cette frappe doit respecter les principes d’efficacité, principe que tout enseignant doit connaître, du moins en partie, car certains de ces principes sont accessibles au public depuis très longtemps, comme le fait de « dépasser la cible » pour ne pas perdre en vitesse. Quant aux autres principes (vriller la main, maintenir le contact, projeter son énergie…), si votre enseignant ne vous les communique pas c’est que : soit vous n’avez pas encore le niveau pour y être initié, soit celui-ci les ignores…

     Un problème se pose aussi lorsque les pratiquants s’entraînent avec des gants de boxe. Si cette pratique n’est pas néfaste dans l’optique d’une pratique sportive, elle l’est dans le cadre d’un entraînement martial. En effet, le port de gant nous limite non seulement dans les formes de frappes, mais aussi dans l’application de celles-ci, dans leurs précisions, leurs enchaînements et la véritable puissance que l’on peut acquérir.

Une frappe avec partenaire se travail en Sun Dome, avec des coups multiples d’une ou plusieurs armes, avec un esprit martial et une volonté de résultat, quelque soit la technique ou le mouvement qui le précède.

En fait, à l’entraînement il faut juste se poser la question : « la frappe que je viens d’effectuer serait-elle efficace en situation réelle » ? Si vous pensez que oui, alors remplacer votre partenaire par un Makiwara et testez-là. Si vous pensez que non, alors reprenez le travail des Atemi à la base en cherchant ce qui ne va pas. La véritable pratique n’est faite que d’une perpétuelle remise en question.